Tendances automne-hiver 2016 : les détails à garder

J’ai sobrement intitulé mon article « Tendances automne-hiver 2016 : les détails à garder », de manière à faire croire que je suis une grande influenceuse, alors qu’en fait, nous savons tous que c’est complètement faux.

Pour rentrer dans le vif du sujet, je préviens que je me suis quand même farcie TOUS les défilés automne-hiver 2016 de la fashion week pour vous délivrer ces tendances (je n’ai jamais été très copieuse de toute façon – spécial dédicace à notre ami Jacquemus) et que cela a été dur de devoir regarder certains défilés. Je paie donc de ma personne comme vous pouvez le remarquez.

Bon, je vais être honnête, l’opus automne-hiver 2016 n’est pas mon préféré. Du. Tout. Entre le vinyl, les épaules 80’s, le retour du jodhpur (Mais pourquoi ???? Qu’avons-nous fait pour mériter ça ? je vous le demande…), le corset, l’esprit biker, je commençais à bouder sérieusement.

Et puis je me suis souvenue que, de toute façon, je ne suis jamais les tendances et qu’elles m’indiffèrent souvent complètement (je n’ai quand même pas que ça à faire de renouveler les trois quarts de ma garde-robe tous les 6 mois).

Je vous livre donc sans plus tarder les résultats de mon enquête fastidieuse.

Les détails des défilés

 

Oui, je l’avoue, ce sont bien les multiples détails glanés ça et là sur les photos des défilés ainsi que les combinaisons de couleurs que j’affectionne le plus. Pour les couleurs, ça se passera dans un prochain article, mais pour le moment, concentrons-nous sur ces petits plus que nous pouvons copions gratuitement et qui ne manqueront pas de donner un effet de nouveauté à nos tenues.

Esprit militaire : la veste officier

 

 

Petits détails dont s’inspirer vu sur les défilés Burberry et Etro : on porte sa veste officier par-dessus une chemise rayée bleu marine et blanc dont on laissera s’échapper les manches, on joue avec les cols (col officier de la veste, col fraise, à volant voir à collerette de la chemise – une chemise Marie Marot fera parfaitement l’affaire), on casse sa veste officier avec un haut imprimé ou encore, un classique désormais, on temporise sa robe longue romantique d’une veste officier portée courte.

(À shopper chez Mango, Zara, Ralph Lauren Denim & Supply)

Le casual-minimalist

Cette saison, on continue encore un peu sur la vague minimaliste des 90’s : manteau oversized porté sur un pantalon court droit, masculin-féminin avec une veste croisée et un pantalon droit, ou encore l’esprit minimaliste-sportswear avec une jupe au genou portée avec un simple pull en laine fin (rentré à l’intérieur de la jupe) et un manteau long, le tout relevé d’une petite touche déstructurée apportée par le pull noué à la taille.

(Défilés : Max Mara, Dries Van Noten, Jil Sander Navy)

La chemise blanche

Au milieu de tous les défilés de la saison, la chemise blanche a su tirer son épingle du jeu. Souvent accompagnée d’un pantalon large noir, en coton, soie ou satin, col classique, à collerette ou décolleté V à volants, manches trois-quart légèrement bouffantes ou manches à volants, la chemise blanche semble avoir inspiré les créateurs cette saison. Simple à porter, c’est bien l’un des vêtements dans lesquels ne pas hésiter à investir et qui sauve la mise les jours où l’on ne sait pas quoi mettre (à trouver chez Iris & Ink, Bas&Sh, Comme des Garçons Comme des Garçons, Promod, COS ou encore Mango).

(Défilés : Burberry, Carolina Herrera, Paul Smith)

Le pantalon court

En velours, en laine ou en denim, le pantalon droit et court sur la cheville s’est faufilé parmi les défilés de la saison pour sublimer bien souvent une paire d’escarpins compensés. Le pantalon est soit fluide, soit structuré, et que vous portiez une chemise ou un pull fin avec, on le rentre à l’intérieur du pantalon afin d’affiner la silhouette.

Au quotidien, on pourra porter le pantalon court droit ou large, avec une paire de derbies vernies ou une paire de sneakers.

(On le trouvera chez Vanessa Seward, Acne Studios, Cos, Paul & Joe sister, Zara, Leon & Harper ou Gérard Darel)

(Défiles : Isa Arfen, Vanessa Seward)

Le brocard

Le brocard, en imprimé (dans un tissu plus épais, particulièrement pour les manteaux) ou en tissu (généralement une soie brodée de dessin et brochée d’or ou d’argent) est l’un des imprimés phares de cette saison. Il se pare de couleurs métalliques et crée ainsi un contraste intéressant de couleurs ou de matières. Que cela soit sur un manteau, un pantalon ou une jupe, le brocart apporte une touche de lumière et d’originalité à nos tenues.

Peu facile à trouver, on le chinera plus facilement dans des magasins vintages voir sur des sites de seconde-main.

(Défilés Michael Kors, Altuzarra, Maison Rabih Kayrouz et Bibu Mohapatra)

La fourrure

Cet hiver, ce n’est pas tant le manteau en fourrure que sa petite-soeur l’étole qui a brillé sur les podiums. Elle se porte de manière nonchalante, tombant d’une épaule ou négligemment posée sur celle-ci. Très large ou très dense, très grande, l’étole en fourrure est l’un des accessoires les plus vu sur les podiums.

Deuxième option, le col en fourrure : celui-ci ne se porte pas premier degré mais décalé. On le choisit dans un imprimé animalier de façon à ce qu’il soit en contact avec un autre imprimé afin de former un duo intéressant de textures et de couleurs.

Pas besoin de se ruiner, un manteau en fourrure, un col ou une étole vintage se trouveront facilement dans des magasins vintages, sur Ebay ou encore sur des sites de seconde-main. Pour celles qui ne voudraient pas pour des raisons éthiques investir dans de la vraie fourrure, de nombreuses marques proposent à présent des fausses fourrures particulièrement bien conçues, que l’on peut trouver également imprimées ou colorées.

(Défilés : Brock Collection,  Dries Van Noten)

Les cols

Au-delà du travail sur les cols eux-mêmes (on trouve cette saison une multitude de cols différents : officier, claudine, fraise, collerette, volants, doubles-cols, lavallière…), on trouve de plus en plus de cols « à nouer » : en soie, en velours, façon ruban ou cravate. Un détail simple à imiter et plutôt économique puisqu’il n’est finalement pas nécessaire d’investir dans une chemise qui se pare de cet attribut. Une visite dans une mercerie par exemple permettra de trouver du ruban en velours ou en soie de différentes largeurs et couleurs, à nouer autour du col de la chemise.

(Défilés : Michael Kors, Bruno Cuccinelli)

Les cravates

Dans la même lignée que les rubans en velours ou en soie, la cravate fait son retour sur des silhouettes masculin-féminin. Loin de ressembler à ses comparses masculines, elles se pare de rayures métallisées ou devient bijoux.

La cravate est déclinée cette saison principalement en soie (de façon à la nouer et non à la porter de manière traditionnelle) ou en jacquard de soie. Certains eshops proposent des foulards fins, coupés en biais, qui seront un parfait ersatz de la cravate proposée sur les podiums (Vanessa Seward ou Saint Laurent en proposent). Pour les plus douées, il suffira de réaliser soi-même son foulard fin dans un tissu en soie imprimé. Pour celles qui ne veulent pas perdre leur temps et qui souhaitent investir dans de jolies chemises, la collaboration Kate Moss pour Equipment en proposent quelques-unes très réussies. Pour les petits budgets, direction Etsy, sur lequel j’ai vu pas mal d’offres de cravates ou foulards en soie à nouer pas trop chers.

(Défilés : Dries Van Noten, Bruno Cuccinelli)

Les poignets de chemise

On n’y pense trop peu et pourtant on le sait : un simple détail peut vous changer une tenue ! En l’occurence, les poignets des chemises que l’on tend à cacher sous nos pulls alors que le simple fait de les retourner s’ils sont un peu longs, de les choisir à volants, d’ouvrir quelques boutons d’un pull ou de le remonter, peuvent suffire à rendre une tenue intéressante.

(Défilé Michael Kors Collection)

Les collants plumetis

Repéré sur le défilé Alexis Mabille, le collant plumetis me parait une alternative intéressante au sempiternel collant noir. D’apparence un brin romantique, le décalage avec des coupes déstructurées ou des matières brutes lui confèrent une aura plus rock.

Où le trouver ? Sur les sites de Calzedonia, Mademoiselle R, Gerbe ou encore Dim.

Les compensées

À force de voir des escarpins ouverts portés avec des chaussettes, on en avait oublié qu’une alternative peut-être plus simple à étrenner, consiste à mixer des collants avec des compensées (ouvertes, fermées, ou simplement des escarpins ouverts).

Portées soit avec un pantalon court en velours ou dans un tissu masculin comme le tweed, les compensées, de préférence vernies ou métallisées apportent une touche de féminité qui me rappelle – je ne sais pourquoi -, l’aura que peuvent dégager des silhouettes des années 40 ou 50. Il y a une certaine gouaille et une incroyable féminité qui se dégage autant des tenues imaginées par Isa Arfen que de celles de Vanessa Seward.

(Défilés : Isa Arfen, Mulberry, Vanessa Seward)

Les rayures

Les rayures ne disparaissent jamais vraiment des différentes collections, tantôt érigées en tendance de la saison, tantôt classique intemporel de nos garde-robes. Je retiens de ces défilés que la chemise à rayures bleues marines et blanches se parent elle aussi de volants sur le plastron ou d’un col montant, qu’elle forme un duo parfait avec le trench (quel que soit la couleur de ce dernier), et que le mélange chemise à rayures + jaune + bleu marine + marron est une combinaison de couleurs qui se marie divinement bien.

Pour le reste, la rayure « preppy » (soit une rayure dont les deux couleurs qui la composent sont d’une largeur égale) tient cette saison le haut du pavé au coude à coude avec la rayure bleue marine et blanche.

(Défilés : Burberry, Dries Van Noten, Monse)

Les imprimés et les tissus

Les imprimés ne sont pas absent cette saison même s’ils se font plus discret : esprit asiatique chez Leonard, fleurs sur tweed chez Monique Lhuillier, zig zag chez Mary Katrantzou. Les différents tissus ne sont pas en reste même si on note que ce sont surtout les tissus plus masculins qui sont mis à l’honneur : carreaux, tweed, chevrons, laine, etc.

(Défilés Leonard, Mary Katrantzou, Monique Lhuillier et Gucci)

Les imprimés animaliers

Dries Van Noten nous offre tout un panaché d’imprimé animalier : léopard, guépard, ou ocelot entre autre, l’imprimé animalier est un des thèmes centraux du défilé du créateur belge. On retiendra donc tous les petits détails qui nous permettront de décaler nos imprimés. On les mixe principalement avec les couleurs noires, blanches, beiges, marrons ou encore bordeaux. On n’hésite pas à mélanger l’imprimé animalier avec des rayures ou des pois afin de créer un contraste audacieux.

Le python

Les boots en python (de préférence moutarde ou beige foncé) font leur come-back cette saison, plébiscitées lors des défilés Chloé et Dries Van Noten. Au-dessus de la cheville, elles se portent de préférence avec une robe fluide monochrome au genou.

THE boots

Signées Cédric Charlier, elles sont à tomber, point barre. Et cela vient de quelqu’un qui n’a quasiment pas réussi à avoir un seul coup de coeur pour une paire de chaussures de la saison.

_luc0010

 

Le lookbook de l’automne

Il est signé d’une marque dont je n’affectionne pas particulièrement ni le rapport qualité/prix ni les coupes, et pourtant, cette saison, Zadig & Voltaire nous offrent un voyage dans le Londres de Sienna Miller et Kate Moss, à coup de petites robes bohèmes à fleurs portées avec une parka kaki et des boots en python, de vestes officiers portées avec un slim ou encore de l’incontournable trench rehaussé d’un foulard à étoiles comme les affectionne Kate Moss :

La silhouette de cette automne

Elle est signée Vetements (dont les collections me laissent généralement complètement insensibles) et reprend parfaitement les codes automnales :

vetements

 

Trench en coton mastic, chemise grise bleutée à grosses rayures blanches portée un peu grande, ceinture en cuir marron sur un pantalon à carreaux. Une allure qui aurait pu être très masculine si Demna Gvasalia n’avait pas ajouté quelques détails typiquement féminin : la carrure du trench, dont les épaulettes rappellent sans hésiter une veste de tailleur féminine, les manches du trench légèrement relevées pour faire apparaître celles de la chemise qui viennent secouer la rigidité et la couleur masculine du trench, le pantalon à carreaux fluide, évasé vers le bas, et bien sûr, LE détail de la tenue, des derbies vertes à paillettes (je n’ai pas vérifié, ça pourrait être des boots à talons en fait…).

Les créatrices dont on piquerait plus leur propre style que celui qu’elles insufflent dans leurs collections 

Je ne sais pas si vous aussi vous remarquez ce cool-chic décontracté-super célinien, mais Amy Smilovic et Victoria Beckham portent juste exactement ce dont je rêve pour cet automne ! Un pantalon large taille haute d’un côté et un pantalon droit raccourci, mes deux coupes coup de coeur de ces derniers mois (parce que je n’en peux plus des slims ! On est d’accord, ça ne va pas du tout à tout le monde comme on a bien voulu nous le faire croire).

Le décor le plus cool 

Croisement entre le design intérieur des années 30 et les peintures de Le Douannier-Rousseau, la marque CO est certainement celle qui livre la présentation la plus soignée au niveau des décors :

Ceux qui bingent bien trop le soir leurs séries télés préférées ou qui se sont fait une rétrospective de films

(En fait, c’est certainement moi qui fait cela, mais je me déculpabilise en disant que c’est les autres – mauvaise foi)

Gotham, Alice aux pays des merveilles, Aviator… ?

 

Alice, Le Penguin, Le chapelier fou, Oliver Twist : cette saison, on s’inspire sans vergogne des univers extraordinaires et un peu noirs des série ou des films (Creature of Comfort, Daks, John Galliano).

La preuve encore ici, ou, même si la série Stranger Things n’était pas encore sortie, l’influence du cinéma des années 80 se fait sentir chez Ashley Williams et Babyghost :

 

Les défilés WTF-kikou-lol

Ces défilés sont presque mes préférés : complètement décalés par rapport aux autres, ils surfent sur le premier ou le vingt-cinquième degré – on ne sait pas trop en fait, mais illuminent souvent mon visage d’un sourire quand je les regarde :

Anya Hindmarch et ses manteaux imprimés oeufs au plats ou space invaders, Libertine par Johnson Hartig qui aime toujours autant les paillettes et les mélanges audacieux d’imprimés et de textures ou encore Ashish, très studio 64 cette saison.

Mention spéciale également à Mira Mikati, dont le fils, si vous n’aviez pas compris, est en pleine période Tintin et Hergé :

09-mira-mikati-fall-2016-ready-to-wear

 

La palme des poses les plus naturelles revient ex-aequo à :

  • Erin Fetherston : moi aussi quand je m’ennuie je monte sur mon tronc d’arbre posé dans mon salon, habillée d’une robe légère fleurie et chaussée de mes talons de 15 cm  (en plus, la robe en soie sur tronc d’arbre, ça sent le futur fil tiré.. Je dis ça, je dis rien);
  • Martin Grant, qui comme moi, a certainement passé des mois à chercher un appartement sur Paris et a compris que, tester la solidité d’une cheminée en costume-talons de 15 est essentielle ;
  • Awake, pour qui la vie est si dure que les mannequins préfèrent encore se mettre une tête de lapin sous acide sur la tête, en pleurant sur une petite télé qui ne doit même pas capter le câble, le tout, emmitouflé dans une espèce de couverture-manteau matelassé imprimée fleurs digne d’un intérieur anglais des années 80 dans la banlieue de Londres (entre la télé et le manteau, il y a de quoi pleurer de toute façon, non ?).

La prochaine fois, on parlera couleurs et comment trouver des mélanges de couleurs auxquels on ne pense que trop peu (et promis, la prochaine dois, ce ne sera pas dans 6 mois !).

Bon week-end de Toussaint 🙂

 

Partager:

2 Commentaires

  1. Sylvie
    30 octobre 2016 / 22 h 08 min

    Bravo pour ce billet très complet.
    Et heureuse de te relire à nouveau !

  2. Marie
    31 octobre 2016 / 21 h 19 min

    Très hâte de te relire a+

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *